Je rêvais d'un Berger Finnois de Laponie.
J'ai fait 700 kilomètres pour aller le chercher.
Médaillée d'or de France. Papa exceptionnel. Première portée.
Tout était parfait sur le papier.
Sur l'aire d'autoroute du retour, mon chiot s'est mis à aboyer comme je n'avais jamais entendu un chiot aboyer.
Terrorisé. Pipi de peur. Impossible de le sortir de la voiture.
Je ne comprenais pas. J'avais fait attention à tout.
Pendant un mois, j'ai tout essayé. YouTube. Forums. Conseils de pros.
Nauru allait bien à la maison. Mais dès qu'on sortait, il paniquait.
Pour tout. Les bruits. Les gens. Les chiens. Absolument tout.
Je l'ai inscrit au club canin.
Premier cours.
Nauru aboie du moment où on sort de la maison jusqu'au moment où on rentre.
L'éducateur me regarde et me dit :
"On ne peut pas faire de cours avec un chien comme ça.
Revenez quand il sera mieux éduqué et plus calme."
Je me suis effondrée.
Tout le monde me regardait comme si j'étais une mauvaise propriétaire.
Comme si c'était de ma faute.
Et puis j'ai rencontré quelqu'un qui m'a dit quelque chose qui a tout changé.
"Ton chien n'est pas agressif. Il a peur.
Et toi, tu es tendue.
Regarde-le. Observe-le. Apprends à lire ce qu'il te dit."
Elle m'a montré des choses que je n'avais jamais vues.
Ses aboiements : aigus ou graves ?
Son poil : hérissé où exactement ?
Sa posture : figée, en recul, ou en avant ?
Il y avait plein de signes.
Mais je ne les voyais pas.
Je ne savais pas les lire.
C'est là que j'ai compris.
Le problème n'était pas mon chien.
Le problème n'était pas moi non plus.
Le problème, c'était ma façon de lire ce qui se passait.
Depuis, j'ai accompagné une centaine de chiens sur 7 ans.
Chaque fois, c'est la même chose.
Ce n'est pas le manque d'amour. Ce n'est pas le manque de volonté.
C'est le manque de lecture.
Et ça, ça s'apprend.